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La réponse...

 

Il existe tellement de raisons de voyager. Bien sûr, je ne parle pas là de vacances en centre de loisirs, en tour opérateur, dans une maison de location au bord de la mer ou bien encore d’une visite au cousin partit s’installer au Québec ; mais d’un voyage initiatique, d’un voyage qui nous emporte au bout du monde, au bout de nous même, qui pousse nos limites, un peu plus à chaque kilomètre. Chacun d’entre nous à sa propre raison, il en existe de autant qu’il existe de voyageurs. Mais chaque voyageur qui croise le regard d’un autre, comprend.

Il comprend que la vie à ses hauts et ses bas, ses jours de pluies et de soleil, ses jours de pain et de festin, ses jours de peine et ses jours de joie. Il comprend que peu importe la raison pour laquelle cette âme a décidé de voyager, il est là, à cet endroit et il est temps de se serrer la main et d’apprendre à se connaître, et partager un peu de soi, comme il partagera un peu de lui. Car c’est une des raisons de ce voyage, aller à la rencontre des autres, s’ouvrir, découvrir. On apprend vite qu’il faut se battre pour tellement de choses dans la vie, le voyageur lui décide de faire une trêve, lorsqu’il prépare son sac et qu’il le met sur son dos en pensant : « le voilà, mon drapeau blanc ». Ce voyageur, même s’il reste discret, a toujours un œil un œil fraternel lorsqu’il croise tous ces drapeau blanc. Il sourit de l’intérieur et se sent dans un monde qui s’ouvre. Non pas d’en haut, non pas des lois et des esprits technocratisés, non pas des administrations de l’embrouillage de l’esprit mais de tout en bas, où se vote l’abolition des préjugés, où tombent les frontières, les races, les rangs sociaux et où s’utilise cet outil magique, le premier créé par les hommes, bien avant l’écriture, bien avant l’économie, même bien avant la maîtrise du feu : la communication.

Un retour aux racines, oui peut-être, un retour à une vie d’errance, sans lendemain où le passé reste du passé. Laisser errer son esprit, c’est se donner une chance de rêver sans s’obliger à donner à nos pensées une tournure réaliste. En effet, le droit de rêver, c’est le droit de s’adonner à l’irréel, c’est le droit d’être irréel, dans un monde qui ne l’est que trop. On a le Droit de rêver des choses irréalisables tant que nous restons conscients que ce n’est qu’un rêve. Pourquoi rêver des choses réalisables ? Pour se donner l’envie ? Ou plutôt parce que nous pensons que c’est irréalisable ? Lorsque l’on dit : « A cœur vaillant, rien d’impossible », le voyageur en connaît la véracité.

Tout se réalise si l’on s’en donne les moyens. Se donner les moyens ? Pour le voyage, cela signifie tout d’abord abandonner le confort. Un effort ? Non, une chance. Si aucun confort ne retient le voyageur, il est alors plus enclin à se déplacer, à visiter, à partager ce manque de confort. Cela paraît difficile à croire mais quelqu’un qui partage son manque de confort avec vous, c’est plus touchant que quelqu’un qui vous spolie de trop de confort. Le manque de confort délie les langues, amène la bonne humeur et parfois même l’humour.

Rire est important pour un voyageur. Les Chinois disent : « Rire trois fois par jour rend toute médecine inutile ». Et il faut savoir se soigner lorsqu’on voyage car le corps est mis à rude épreuve. Le cœur aussi. Lorsque le rire est une langue internationale qui transmet l’amour, l’amitié, l’envie de se rapprocher des inconnus pour une heure, une semaine ou une soirée, alors ce rire devient le compagnon de route du voyageur. Il est facile de rire avec des inconnus, donner un peu de soi, car on sait que cela ne durera pas. Les barrières tombent et l’on devient soi.

Difficile d’être soi dans un monde formaté par les stéréotypes. Alors on se renferme et se range tranquillement dans les rangs. Mais le voyageur ne connaît pas ce sentiment car son but n’est pas de plaire mais bien de vivre. Alors voyager, c’est un peu fuir, un peu se rebeller pour pouvoir être. On se découvre à travers les autres et les situations que l’on vit, on se découvre des failles et des qualités que l’on ne se connaissait pas et si l’on s’était rangé, comme tout le monde. C’est aussi fuir une vie de tous les jours, une vie de médium de quartier qui saurait prédire l’avenir car tous les jours se ressemblent. Voyager, c’est s’offrir de ne pas savoir…

On ne voyage pas pour trouver une vie stable, on voyage parce qu’on ne l’a pas trouvée, on ne voyage pas pour émerveiller, on ne voyage pas pour sortir du lot, on voyage pour ne pas y rentrer. On ne voyage pas, on avance…

Pourquoi voyager ? Parce que c’est l’avenir de l’humanité. Partir découvrir ceux que l’on ne connaît pas, s’offrir pour apprendre, s’ouvrir pour être. Ce n’est pas la facilité que certains peuvent imaginer mais c’est notre choix et même si le cœur saigne parfois, c’est pour rappeler au voyageur à quel point sa vie est belle.

Un voyageur…

 

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